description de la leçon

Le savoir est lumière et guidance, alors que l’ignorance est obscurité et égarement. Le savoir accompagné de foi élève l’individu dans le monde et à l’au-delà. La pratique est le fruit et le fondement même du savoir. Les étudiants doivent refléter ce qu’ils ont appris, sinon ce savoir sera un malheur pour eux, un savant qui ne reflète pas son savoir est comme une chandelle qui éclaire pour les autres tout en se sacrifiant par le feu.

Louange à Allah ! Nous Le louons, cherchons secours auprès de Lui et sollicitons son pardon. Nous nous réfugions auprès d’Allah contre nos mauvais penchants et nos mauvaises actions. Quiconque est guidé par Allah, rien ne pourra l’égarer et quiconque est abandonné par Allah, rien ne pourra le guider. Nous attestons qu’il n’y a de divinité qu’Allah sans associé et nous attestons que Mouhammad (PSL) est son serviteur et dernier envoyé à toute l’humanité jusqu’à la fin des temps. Gloire à Allah qui nous a exhortés ainsi que son prophète, à la recherche du savoir et à l’action.

Serviteurs d’Allah !

De ce qui distingue l’Islam des fausses religions et des traditions obscurantistes qui ont fait tant de mal à l’humanité, il convient de voir ses enseignements relatifs à la place du savoir et des savants d’une part, et de la place de l’action bien informée d’autre part. En effet, combien de choses invérifiables et incohérentes qu’un esprit sain ne peut accepter sont véhiculées par des textes soi-disant révélés et par des traditions qui interdisent que l’on s’y penche avec lucidité pour les scruter et évaluer leur degré de vérité ?

Par contre, en Islam, c’est le savoir qui est mis en avant et non l’autorité d’un gourou ou d’une tradition présumée infaillible. Dans un verset, il est affirmé que le savoir est un des critères de précellence : « Est-ce que celui qui, aux heures de la nuit, reste en dévotion, prosterné et debout, prenant garde à l'au-delà et espérant la miséricorde de son Seigneur... Dis : "Sont-ils égaux, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?" Seuls les doués d'intelligence se rappellent. » (S39, V9)

Dans un autre, il est dit qu’il n’y a pas de limites au savoir et que l’humilité doit être la règle en la matière : « Que soit exalté Dieu, le Vrai Souverain ! Ne te hâte pas [de réciter] le Coran avant que ne te soit achevée sa révélation. Et dis : "Ô mon Seigneur, accroît mes connaissances !" » (S20, 114)

Beaucoup de fausses religions, traditions et idéologies se seraient effondrées si seulement leurs adeptes avaient l’outrecuidance de chercher à vérifier leurs enseignements. Contrairement à cet état d’esprit d’acceptation sans vérification, le Coran exhorte l’individu à prendre l’habitude de prouver ses dires et aux interpellés aussi, à vérifier l’existence ou non de preuves, mais aussi, leur degré de validité : « Et ils ont dit : "Nul n'entrera au Paradis que Juifs ou Chrétiens". Voilà leurs chimères. - Dis : "Donnez votre preuve, si vous êtes véridiques » (S2, V111)

Il n’y a rien de plus civilisé que cette exigence coranique qui consiste avant d’adhérer à quoi que ce soit, d’examiner les preuves avancées. C’est un des chemins les plus sûrs pour rompre avec l’imitation servile et l’égarement. C’est ainsi que dans le verset suivant, il est demandé au serviteur de ne croire en rien qui ne soit bâti sur des preuves. « Et quiconque invoque avec Dieu une autre divinité, sans avoir la preuve évidente [de son existence], aura à en rendre compte à son Seigneur. En vérité, les mécréants, ne réussiront pas. » (S23, V117)

Dans le même ordre d’idée, le Coran met en garde contre les conjectures et les suppositions qui pourraient se substituer à la vérité : « Et si tu Obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t'égareront du sentier de Dieu : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges. » (S6, V116)

A la base de l’égarement, dit le Coran se trouve le brouillage de la vérité par la soumission aux passions humaines : « Ceux qui ont été injustes ont plutòt suivi leurs propres passions, sans savoir. Qui donc peut guider celui que Dieu égare ? Et ils n'ont pas pour eux, de protecteur. » (S30, V29)

L’imitation servile du passé, c'est-à-dire s’en tenir à ce qui a été rapporté des ancêtres sans prendre le temps d’en vérifier le degré de validité est à l’origine de l’égarement et du refus de la foi. A ce propos, le Coran dénonce l’argument d’autorité « nos pères ont dit, nos pères ont fait » comme si ces ancêtres étaient infaillibles : « Et quand on leur dit : "Venez vers ce que Dieu a fait descendre (La Révélation), et vers le Messager", ils disent : "Il nous suffit de ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres." Quoi ! Même si leurs ancêtres ne savaient rien et n'étaient pas sur le bon chemin... ? » (S5, V104)

Dans un autre verset, il est dit que cette croyance aveugle aux ancêtres est utilisée par Satan qui incite ceux qu’il veut séduire, à se cacher derrière ce faux prétexte. Ainsi, il installe un voile entre eux et la vérité notamment coranique : « Et quand on leur dit : "Suivez ce que Dieu a fait descendre", ils disent : "Nous suivons plutòt ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres". Est-ce donc même si le Diable les appelait au châtiment de la fournaise ! » (S31, V21)

Lors qu’auparavant, la chose la mieux partagée par les gens de différents peuples était l’adhésion à des pensées et paroles quelconques sans esprit de discernement, le Coran incite les humains à la lucidité, au refus du sectarisme et à l’acceptation du meilleur comme mode d’approche de la vérité : « qui prêtent l'oreille à la Parole, puis suivent ce qu'elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là que Dieu a guidés et ce sont eux les doués d'intelligence ! » (S39, V18)

Autant l’ignorance, les passions, légendes et sectarisme constituent des sources d’aveuglement pour l’être humain, autant la suffisance prétendument justifié par le savoir humain est source de perdition et de ruine pour l’être humain. C’est ainsi que savoir et capacité technique ont été des motifs d’orgueil chez nombre de peuples qui sont ainsi restés réfractaires au message des prophètes qu’ils traitaient avec mépris. Dans un autre registre, le Coran nous fait savoir qu’Allah peut donner un savoir trompeur aux rebelles à sa volonté, oublieux de son Rappel : « Puis, lorsqu'ils eurent oublié ce qu'on leur avait rappelé, Nous leur ouvrîmes les portes donnant sur toute chose (l'abondance); et lorsqu'ils eurent exulté de joie en raison de ce qui leur avait été donné, Nous les saisîmes soudain, et les voilà désespérés. » (S6, V44)

Le piège de la suffisance, nous dit le Coran, fait aussi que l’être humain rejette ce qui dépasse l’horizon de son savoir notamment le monde invisible. Le rapport serein au savoir tel que décrit par le Coran requiert de la part de l’être humain, la reconnaissance de ses limites comme l’illustre la rencontre de Moussa et Khidr. Malgré son statut de prophète, Moussa éprouve maintes difficultés à comprendre les agissements de ce personnage mystérieux. Que dire alors de nous autres ordinaires personnes ?

Le Coran insiste à plusieurs reprises, sur la nécessité de reconnaitre les horizons ou peuvent s’exercer le savoir humain et d’autres qui sont hors de portée. Dans le même ordre d’idée, il existe un domaine de l’inconnaissable comme le jour de la fin du monde, de quoi demain est fait, etc. A ces propos, il est dit dans le Coran : « Et ne poursuis pas ce dont tu n'as aucune connaissance. L'ouïe, la vue et le coeur : sur tout cela, en vérité, on sera interrogé. » (S16, V36)

Il fait partie de la singularité des fils d’Adam, le fait qu’ils soient dépositaires de savoirs dont les anges pessimistes sur sa capacité à assumer le vicariat (khilâfah) ne disposaient pas : « Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : "Je vais établir sur la terre un vicaire "Khalifa". Ils dirent : "Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ?" - Il dit : "En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas !". 31. Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges et dit : "Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques !" (dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu'Adam). 32. - Ils dirent : "Gloire à Toi ! Nous n'avons de savoir que ce que Tu nous a appris. Certes c'est Toi l'Omniscient, le Sage". 33. - Il dit : "Ô Adam, informe-les de ces noms;" Puis quand celui-ci les eut informés de ces noms, Dieu dit : "Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ?" » (S2, V30-33)

En matière de savoir religieux, l’enjeu est énorme et les défis à relever nombreux. Pourtant, ce ne sont pas les incitations à la quête du savoir qui font défaut. C’est tout le contraire. Pour montrer l’importance du savoir en islam, le prophète demanda à aux captifs de la bataille de Badr, sur qui il avait droit de vie et de mort, d’apprendre à lire à dix enfants musulmans pour acquérir la liberté.

Prendre le chemin de la recherche du savoir, c’est bénéficier de la solidarité manifestée sous forme de prière par toute la création, des anges aux poissons. Le prophète dit à ce propos : « Quiconque prend un chemin dans le but d’acquérir le savoir, alors Allah lui facilite le chemin vers le paradis. Les anges étalent leurs ailes sur l’apprenant montrant ainsi leur satisfaction pour ce qu’il entreprend. Ceux qui sont dans les cieux et sur terre jusqu’au poisson dans l’eau, invoquent le pardon d’Allah en faveur du savant. La précellence du savant sur le dévot (qui pratique sans connaissance solide) est assimilable à celle de la lune sur le reste des astres. Les savants sont les héritiers des prophètes. On n’hérite pas des prophètes en termes de dinars et de dirhams (argent). On hérite des prophètes le savoir. Quiconque en acquiert (le savoir des prophètes) dispose d’une part énorme » (Sahîhoul Djâmie)

Dans le même registre, mais cette fois-ci du point de vue de l’enseignant, le même type de rapport s’instaure avec Allah et la création : « Allah et ses anges, ainsi que les habitants des cieux et de la terre jusqu’à la fourmi dans son gîte et le poisson, prient en faveur de celui qui enseigne à autrui le bien » (tirmizy)

Louange à Allah ! Que ses bénédictions et salutations soient sur le sceau des prophètes.

Autant le musulman est appelé à rechercher le savoir religieux et de ne pas trouver de faux prétextes pour se complaire dans l’ignorance, autant il lui est interdit de rechercher toutes formes de savoirs maléfiques telles que la magie, la sorcellerie, etc. Le hadith dit à ce propos : « Quiconque se rend chez un devin et tient pour vrai ses propos (du devin) a alors renié ce qui a été révélé à Mouhammad »

Pour importante que soit l’acquisition du savoir, son application est requise pour en tirer tous les bénéfices. Le Coran a vivement apostrophé les banu israil qui prétendaient prôner le bien sans faire ce qu’ils disaient : « Commanderez-vous aux gens de faire le bien, et vous oubliez vous- mêmes de le faire, alors que vous récitez le Livre ? Etes-vous donc dépourvus de raison ?. » (S2, V44)

En Islam, la véritable foi est adhésion du cœur et action des membres. Maintes fois, le Coran parle du couple foi/bonne action : « Par le Temps ! 2. L'homme est certes, en perdition, 3. sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité et s'enjoignent mutuellement l'endurance. » (S103, V1-3)

La valeur de l’action ressort encore des versets qui en font le but de la vie humaine : « Béni soit celui dans la main de qui est la royauté, et Il est Omnipotent. 2. Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en oeuvre, et c'est Lui le Puissant, le Pardonneur. » (S67, V1-2)

Les anges sont pessimistes parce qu’ils pensent que l’action de Adam sera désastreuse : « Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : «"Je vais établir sur la terre un vicaire "Khalifa". Ils dirent : "Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ?" - Il dit : "En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas !". » (S2, V30)

Au jour du jugement, dit le prophète, quatre questions seront posées au sortir immédiat du tombeau : « L'homme n'avancera pas le Jour du Jugement avant qu'il ne soit interrogé au sujet de quatre choses : au sujet de sa vie, comment il l'a épuisée ; de sa jeunesse, comment il l'a passée ; de sa science et ce qu'il en a fait; et de son argent, où l'a-t-il gagné et comment il l'a dépensé." » (Tirmidhi)

Eu égard à l’état de l’éducation dans le monde musulman, en termes d’ignorance, de compréhensions erronées des textes, du peu de recherche sur les questions nouvelles qui se posent de nos jours, il urge de réformer le système éducatif. Pour ce faire, les personnes ressources dans ce domaine doivent mieux mutualiser leurs efforts au sein des institutions internationales comme l’ISESCO ou d’autres initiatives, dans le seul dessein de redonner aux musulmans le goût de la recherche du savoir, tout savoir utile à la foi et à la bonne gouvernance des affaires du monde (khilâfah). Dans ce cadre, il ne faut pas lésiner sur les ressources financières, humaines et techniques à mobiliser notamment les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Seigneur ! Aide-nous à rechercher le savoir sans relâche.

Seigneur ! Aide nous à appliquer avec sincérité le savoir acquis.